L’image de la ville hyperconnectée. Montréal et Paris

Je voudrais d’abord remercier le comité d’organisation du colloque pour avoir accepté ma proposition et de me donner ainsi l’opportunité d’être ici, pour discuter avec vous des pistes de recherche que je suis présentement en train d’explorer.
Avant de parler de mon sujet, j’aimerais également remercier mon laboratoire de rattachement, la Chaire de recherche du Canada sur les écritures numériques, dont je fais partie et qui, depuis désormais un an et demi – et grâce aux réflexions de son titulaire, Marcello Vitali-Rosati, et de ses membres – s’avère être un milieu de discussion et échanges très enrichissants.
Maintenant que je me suis acquitté de mon devoir envers mon directeur de recherche, je peux enfin commencer ma communication en exposant les questionnements qui l’ont inspirée et les grandes lignes qui la structurent.
Depuis un an, je travaille sur les représentations et l’imaginaire de l’espace, surtout urbain, dans la littérature numérique contemporaine – je qualifie de contemporaine la littérature numérique qui se produit à partir des années 2000, et de numérique ce type de littérature qui n’utilise pas les mêmes moyens techniques que celle qu’on pourrait qualifier d’électronique ou d’hypermédiatique et qui fut, typiquement, celle qui se développe dans les années 1980 et 1990. Dernièrement, je me suis intéressé notamment à la littérature numérique géolocalisée qui, j’en suis convaincu, représente un changement majeur dans la littérature numérique en général – mais je reviendrai plus spécifiquement sur ce point plus tard. C’est donc tout naturellement que la thématique de ce colloque vient prolonger mes questionnements personnels.

Repartant des interrogations foisonnantes de l’appel à communication, j’essayerai d’indiquer quelques pistes de réflexion autour de ce sujet en faisant dialoguer les questions proposées, auxquelles je n’ai pas de réponses définitives, avec deux ouvrages, parmi les principales, de mon corpus, c’est-à-dire Dérives, chantier collaboratif montréalais qui se déploie sur des sites Web et sur les réseaux sociaux, et Les lignes de désir, récit pour dispositifs mobiles de l’écrivain français Pierre Ménard.

Dérives est un chantier regroupant plusieurs écrivaines et écrivains montréalais, dont le site de référence n’existe hélas plus depuis quelques mois. Cependant, le projet continue de se développer, via d’autres canaux : sur Twitter, principalement, à travers l’utilisation du hashtag #dérive et #nomdelieu, mais aussi sur Instagram, Tumblr et sur plusieurs autres blogues et sites personnels des écrivaines et écrivains participants. Né en 2010, grâce à la rencontre initiale d’un noyau d’autrices et auteurs qui à l’époque habitaient principalement à Hochelaga, le chantier se déroulait sur le mode du troc d’éléments créatifs via les sites web des auteurs. En 2011, des échanges papiers ainsi que Twitter ont été entamés. Ces derniers, surtout, ont pris de plus en plus de place au point qu’aujourd’hui, avec la disparition du dit quartier général de la dérive que représentait son site internet, c’est l’espace numérique de Twitter qui se trouve chargé d’accueillir la quasi-totalité de ce projet.
Pour décrire Les lignes de désir, le plus simple reste sans doute de rappeler la description qu’en fait l’auteur lui-même, le projet « raconte l’histoire d’un photographe qui traverse la ville de Paris d’un bout à l’autre, à la recherche de la femme qu’il aime, qui a disparu, dans les lieux qu’ils avaient l’habitude de fréquenter. L’enjeu de ce dispositif intermédia est de proposer aux utilisateurs une écoute mobile de l’histoire, à travers une déambulation libre dans l’espace du récit (les rues et les quais de l’île Saint-Louis à Paris), s’élaborant en fonction de leur itinéraire et de leurs mouvements (rythme de leurs pas, sens de circulation, durée du parcours effectué), manière d’écrire le texte en marche. »

Après l’analyse de ces deux projets, j’aborderai la thématique de l’hyperconnexion, de laquelle, dans ce contexte, je ne retiendrai que trois axes majeurs, qui seront, un par un, interrogés au moyen une perspective générale de type esthétique :

1. D’abord, l’hyperconnexion, une fois pratiquée dans un milieu urbain, engendre des modifications de la perception de ce type d’espace – grâce aux dispositifs mobiles, on n’éprouve plus, désormais, la sensation d’être perdus dans une ville, même si on ne la connaît pas.
2. En second lieu, et par conséquent, l’hyperconnexion modifie l’architecture et l’urbanisme de la ville eux-mêmes, et cela du point de vue à la fois des concepteurs et des usagers de l’espace urbain.
3. Enfin, et peut-être surtout, l’hyperconnexion, déclenchée par l’avènement des appareils mobiles équipés avec une connexion internet et une antenne GPS, est un fait technologique ayant des retombées qui vont bien au-delà du simple aspect technique.

S’ils usent de procédés poétiques spécifiques , les auteurs de Dérives et de Lignes de désir poursuivent le même but : inscrire leur démarche artistique dans le tissu urbain, en donnant à celle-ci une ampleur et une dignité équivalentes aux pratiques dites concrètes de façonnement de l’espace urbain – architecture, urbanisme, aménagement, etc. Moins centré sur le côté technique, Dérives utilise un système de géolocalisation des tweets basé sur l’utilisation des hashtags pour situer leur propos poétiques et photographiques – il ne faut pas négliger que, quoique moins présent que sur Twitter, le projet se déroule aussi sur Instagram. Quant à lui, le projet de Pierre Ménard repose entièrement sur des technologies encodées et standardisées. C’est ainsi que Dérives nous amène à nous interroger plus particulièrement sur l’hyperconnexion géolocalisée elle-même et sur sa signification à l’égard de notre modalité d’être dans un endroit, peu importe lequel. J’illustrerai cette idée plus concrètement : prenons, par exemple, le cas du hashtag #rueOntario. Une brève recherche sur Twitter nous donne un ensemble énorme de résultats disparates et divers. Dans ces derniers jours de campagne électorale pour élire le maire de Montréal, ce sont les récriminations et les requêtes des habitants qui tiennent la une. On y voit aussi des publicités pour des bars, des magasins ou des restaurants, et des traces laissées pas les quelques touristes qui sont à Montréal en novembre, très rares à vrai dire. Mais on peut tomber aussi sur quelqu’un qui cite ou partage des chansons qui parlent de cette rue – « Voyou » des Cowboys Fringants ou l’homonyme « Rue Ontario » de Bernard Adamus. C’est à ce moment-là que cette méthode de géolocalisation, comme on l’aura compris maintenant moins technologique que littéraire ou culturelle, devient intéressante. C’est grâce à cette pléthore de références qu’on a accès non seulement à un lieu physique, mais aussi à son idée. J’emprunte le concept d’idée de lieu à Daniel Chartier qui le définit de la manière suivante : « le lieu […] existe d’abord et avant tout comme un réseau discursif, donc comme une série et une accumulation de discours, qui en détermine et façonne les limites, les constituantes, l’histoire, les paramètres, etc. […] l’existence discursive du lieu accompagne son existence réelle […] soit sa matérialité, l’expérience vécue de ceux qui l’habitent ou le visitent, etc. Pour tout lieu, on constaterait ainsi une double existence : discursive (ce qu’on en dit) et phénoménologique (ce qu’on en sait par l’expérience) […] Il n’y a pas, a priori, l’une de ces existences qui soit plus importante que l’autre : le lieu existe à la fois par sa matérialité et par son discours. Il n’y a même pas d’antériorité de l’une sur l’autre ».
Si l’on songe à la ville avec cette idée de lieu en tête, on s’aperçoit d’un changement dans la façon que nous avons de la regarder, de l’imaginer et de l’habiter : l’individu qui marche dans la rue ne se borne pas à parcourir un espace physique, mais il est immergé en même temps dans un espace également discursif, ou esthétique, où chaque narration qui se fait ou qui est faite sur le lieu a la même consistance ontologique que la pierre, le béton ou le bois. Comment imaginer le Plateau sans les stéréotypes, parfois bien justifiés, sur la communauté francophone qui l’habite ou sans être pris dans un mouvement nostalgique, particulièrement ressenti chez les immigrés de Montréal, en contemplant les drapeaux portugais affichés à chaque coin de rue ? Comment penser également le quartier de Saint-Henri sans laisser courir son esprit vers Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy ? Enfin, comment marcher rue Ontario sans chercher du regard les vendeurs de dope et les prostituées chantés par Bernard Adamus ? Je pourrais enchaîner longtemps les exemples, mais je crois que vous avez désormais saisi l’idée : on se promène dans les discours sur la ville et ses quartiers autant qu’on en arpente ses rues et boulevards.
À ce moment de ma démonstration, il faut avouer que ce processus d’enchevêtrement du discursif et du physique n’a rien de nouveau et que ce n’est pas l’hyperconnexion qui le rend possible. En fait, le premier à thématiser de façon explicite la ville comme un ensemble intrinsèquement relationnel d’éléments a été l’urbaniste et architecte américain Kevin Lynch, dans L’image de la cité, en 1960. Dans cet ouvrage, Lynch classe les éléments constituant la ville en cinq ensembles majeurs : voies, limites, quartiers, nœuds et points de repère. Ce sont les relations qui se tissent entre ces derniers qui donnent lieu à ce que Lynch appelle l’imagibilité de la ville, c’est-à-dire sa capacité de se livrer à̀ l’imagination et, par là, à la vie quotidienne. Sans cette relationnalité, point d’image de la ville et, par conséquent, point de ville non plus. Ou, pour le dire avec les mots de Lynch, je cite :

« si l’environnement est organisé visuellement et vivement identifié, alors le citoyen peut lui donner une forme avec son propre signification. C’est là, qu’il devient un véritable endroit ».

Fin de la citation.

Qu’en est-il alors de la place de l’hyperconnexion dans l’imagibilité de l’espace urbain ? Mon hypothèse est que l’hyperconnexion permet à l’imagibilité de la ville d’acquérir une dimension esthétique qui dépasse le rapport entre l’individu singulier et la petite partie de la ville qu’il habite et vit. L’imagibilité hyperconnectée gagne, dans notre condition contemporaine, une étendue et une force, donc une magnitude, incommensurablement plus puissantes qu’auparavant. Si l’imagibilité est fondamentalement une question de relations entre des éléments, l’hyperconnexion est un régime de relationnalité radicale. Grâce aux dispositifs mobiles, aujourd’hui, on n’est pas seulement connectés aux livres qui parlent de Montréal ou de Paris, livres qu’on pouvait lire aisément dans le salon de nos maisons déjà il y a 30 ans – chose que, en passant, on peut encore faire même à l’époque du numérique… La différence radicale entre l’imagibilité hyperconnectée et celle dont Lynch parlait repose en premier lieu sur le fait que, par l’intermédiaire des réseaux sociaux notamment, on a accès aux discours – aux images de la ville – produits par l’entièreté des habitants inscrits aux réseaux sociaux ou possédant des appareils numériques. De plus, on a accès à la totalité des discours produits autour de Montréal dans le monde entier – bien sûr, à condition de comprendre la langue utilisée – et cette barrière n’est même plus pertinente dans le cas d’utilisation d’images, grâce à l’intégration des appareils photographiques à nos téléphones. L’autre aspect majeur de l’hyperconnexion est sa portabilité extrême : on peut accéder aux discours des autres à n’importe quel moment, n’importe quel endroit. Mon expérience de la ville et celle des autres ne sont plus séparées par un espace-temps décalé : spatialité et temporalité des récits sont comprimées dans un point focal, l’ici et maintenant, où se produit une image générale composée de la superposition des tous les récits, même de ceux des autres personnes. Dans cette imagibilité radicale, la différence entre plusieurs temps et plusieurs espaces est éclatée et presque réduite à zéro. De là, c’est à une autre qualité de l’image de la ville qu’on a accès, essentiellement multiple, mais toujours présente et à disposition – et surtout, toujours en diapason avec ma situation physique. Ce qui fait que mon expérience de l’espace-temps, ma localisation physique ne se différencient plus de ma localisation discursive ni de celle des autres.

Bien que je considère cette caractéristique de l’hyperconnexion comme étant la plus évidente et la plus frappante, du moins dans le discours public, il me semble que cette caractéristique ne représente qu’une partie, quoique fondamentale, de l’impact produit par l’hyperconnexion lorsqu’on parle de littérature, espace et image de la ville. Si j’ai parlé de l’hyperconnexion en l’envisageant du côté des changements produits dans la réception de l’image de la ville, je voudrais maintenant me pencher davantage sur le côté de sa production, et pour ce faire, j’analyserai l’autre projet que j’ai mentionné, Les lignes de désir de Pierre Ménard.
Basé sur une application dotée d’un dispositif de géolocalisation, , ce projet se compose de « 365 textes écrits, dit Pierre Ménard, spécifiquement pour une lecture non-linéaire et pour permettre leur lecture à circulation aléatoire. Ces textes ont été conçus pour fonctionner en tant que blocs autonomes, afin de rendre sensible un mode éclaté de lecture, de permettre une vision kaléidoscopique pour que les textes ne donnent pas l’impression d’avoir été découpés à partir d’une trame classique de livres, mais d’avoir été composés directement avec cette approche fragmentaire ».
La poétique régissant ce dispositif littéraire repose sur le parti pris d’une similitude entre la démarche du lecteur et du promeneur, à savoir que, et je cite Pierre Ménard, « un livre devient un autre livre à chaque fois que nous le lisons. Une ville c’est pareille invention, chaque parcours la transforme. Marcher dans les rues comme entre les pages d’un livre, en garder une trace et voir, au fil du temps, se dessiner un chemin qui n’existait pas au moment de notre trajet.
 »

Fin de la citation

Moyennant la forme littéraire du fragment et la technique littéraire de l’écriture combinatoire, Pierre Ménard bâtit un dispositif littéraire d’exploration spatiale de la ville. L’usager, en se déplaçant, construit ainsi une narration taillée sur son parcours physique, activant à la fois des images et du son, le fragment lui étant donné à travers l’écoute de celui-ci. De prime abord, ce dispositif ressemble de très près à une des possibilités offertes par l’hyperconnexion : la réalité augmentée. On peut remarquer cette ressemblance en donnant comme définition, minimaliste et très générique, de réalité augmentée, en disant qu’elle est la superposition de la réalité et d’éléments (sons, images 2D, 3D, vidéos, etc.) calculés par un système informatique en temps réel.
Or, ce n’est pas du tout le cas.
La réalité augmentée repose sur un principe dualiste très clair – en fait, c’est son principe de fonctionnement fondamental, la superposition de deux choses différentes : d’une part la réalité, de l’autre les éléments l’augmentant, on pourrait dire – la fiction.
Dans le cas de Lignes de désir, on fait face à une autre dynamique esthétique : il s’agit d’une dynamique où l’usager n’est pas le récepteur passif d’un matériel, mais où au contraire il a une place active dans la production du récit et du contenu du récit – et, enfin, dans la production l’espace lui-même.
Bien que Pierre Ménard soit effectivement l’auteur de la totalité des textes contenus dans la base de données de l’application, cette fonction auctoriale s’efface derrière le récit singulier généré à chaque fois par chaque usager particulier. C’est en effet l’usager lui-même qui enchaîne les 365 textes selon un rythme et un parcours déterminés par la marche et le rythme de l’individu qui est en train de se promener sur l’île de Saint-Louis. Alors que l’auteur, Pierre Ménard, ne représente que l’instance auctoriale virtuelle, l’usager-promeneur est l’instance actuelle, celle qui crée véritablement un récit et non plus le récit.
Cette considération, à y regarder de plus près, peut aussi être appliquée à l’espace urbain. L’architecte est bien sûr celui qui aménage l’ensemble de l’espace urbain dans son entièreté, mais une entièreté virtuelle : c’est l’individu qui s’y déplace, qui crée des parcours, des chemins, des voies de circulation et de passage et, ce faisant, qui donne à cet espace abstrait une consistance réelle, à chaque fois renouvelée et différente selon chaque personne. Pour reprendre la citation de Lynch de tout à l’heure, « si l’environnement est organisé visuellement et vivement identifié, alors le citoyen peut lui donner une forme avec sa propre signification. C’est là, qu’il devient un véritable endroit ». Or, pour le dire avec les mots de Pierre Ménard, « Il ne s’agit pas de représenter l’espace, mais de le produire en lui donnant un sens ».

J’aimerais conclure ma présentation en dessinant une dernière piste pour une réflexion sur l’imaginaire spatial dans la littérature numérique hyperconnectée, piste qui se veut aussi une tentative de synthèse des deux précédentes, dont j’ai plus largement parlé.
Au-delà d’une conception limitée de l’hyperconnexion, celle par exemple de la réalité augmentée ou de la géolocalisation entièrement abandonnée à sa dimension purement technologique, la littérature nous montre une autre manière de penser l’hyperconnexion en particulier et la technologie en général. Comme j’ai essayé de le montrer, cette étape technologique apporte des changements majeurs à notre façon de concevoir les pratiques de lecture et d’écriture. Christian Vandendorpe a montré comme l’hypertexte produit un passage de la linéarité du texte écrit, le texte sur papier tel que nous le connaissons et dont le roman qui se lit de la première page à la dernière, à la tabularité du texte, où le lecteur n’est pas obligé à suivre un ordre linéaire de lecture mais où il se livre plutôt à une expérience semblable à celle de l’individu qui observe un tableau et fait errer son regard sur l’ensemble de la toile. Suivant cette intuition, j’oserais dire que l’hyperconnexion appliquée à la littérature spatiale introduit un autre paradigme que j’appellerais, faute de mieux car je suis encore à la recherche d’un nom un plus fancy, le paradigme de la performativité : les actes de lecture et d’écriture de l’espace sont de plus un plus rapprochés, au point que, comme Pierre Ménard le démontre de façon très convaincante, on pourrait dire qu’ils deviennent un seul et même acte – de plus en plus, lire ou écrire l’espace font un avec sa production.
C’est à la lumière de cette idée de performativité hyperconnectée que l’on pourrait aussi repenser le rôle de la technologie et des dispositifs mobiles qui ont permis la naissance et le développement de l’hyperconnexion elle-même : loin d’être que des simples intermédiaires entre nous et le monde, ils sont des agents actifs, parties prenantes dans le processus de mise en relation du monde. Ils sont des instances, au même titre de l’auteur, du lecteur, de l’architecte, du flâneur et enfin de nous-mêmes, qui sommes en train d’en parler ici aujourd’hui.

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